La monarchie parlementaire marocaine sort des urnes
Vendredi, dans un bureau de vote à Rabat. Dans la soirée , la participation était de 45% , contre 37% en 2007. Crédits photo : ABDELHAK SENNA/AFP
LE FIGARO.FR
publié le 25 novembre 2011 à 23:32
La monarchie parlementaire marocaine sort des urnes
Le roi choisira le premier ministre dans le parti vainqueur des élections de vendredi.
De notre envoyé spécial à Rabat
Si les islamistes modérés ont remporté la victoire, la tâche se complique encore. Le Parti de la justice et du développement (PJD) devrait convaincre les partis de la Koutla, l’alliance des nationalistes et de la gauche, de s’embarquer dans l’aventure. Les conservateurs de l’Istiqlal, qui ont des convergences idéologiques avec le PJD, pourraient suivre le mouvement assez naturellement. Mais les socialistes de l’USFP et les ex-communistes du PPS seront plus difficiles à convaincre.
«Le PAM s’est pris un missile»
Vainqueur sur le fil du scrutin en 2007, Istiqlal a été handicapé par le bilan mitigé du premier ministre, Abbas el-Fassi. Le leader nationaliste s’est vu reprocher d’avoir favorisé les intérêts de ses proches et surtout de ne pas s’être imposé face au Palais royal. De son côté, la gauche avait soulevé de grands espoirs lorsque le roi Hassan II avait permis qu’elle accède au pouvoir en 1997, mais elle est aujourd’hui usée.
La nature ayant horreur du vide, une force réformatrice alternative est apparue après les élections législatives de 2007. Créé par Fouad Ali el-Himma, l’un des fidèles mousquetaires du roi, le Parti authenticité et modernité (PAM) est monté en puissance pour prendre la relève. Mais certains de ses dirigeants ont été conspués lors des manifestations qui ont conduit Mohammed VI à relancer les réformes. «Le PAM s’est pris un missile», commente un diplomate occidental.
Il a depuis abandonné le devant de la scène au Rassemblement national des indépendants (RNI), du ministre de l’Économie et des Finances Saheddinne Mezouar. Des accords locaux passés au nom de l’intérêt supérieur du «G8» (un rassemblement de partis essentiellement centristes) ont renforcé de manière mécanique ses chances de bons résultats. L’objectif étant de battre le PJD et d’offrir à Mohammed VI la possibilité de confier les rênes du gouvernement à Saheddine Mezouar qui, s’il a gagné, a déjà une majorité sur mesure.






















