L’ONU va former des observateurs arabes pour la Syrie

Dans cette photo de l’agence de presse syrienne SANA, un observateur de la Ligue arabe parle à un écolier à Daraa, le 3 janvier 2012
L’ONU va former des observateurs arabes pour la Syrie
Les Nations unies vont commencer à former dans les prochains jours des observateurs de la Ligue arabe afin de les aider à évaluer la répression sanglante en Syrie, a indiqué lundi 16 janvier une porte-parole des Nations unies.
Cette décision répond à une demande formelle de la Ligue et la formation commencera au Caire après la réunion ce week-end dans la capitale égyptienne du Comité ministériel de la Ligue arabe sur la Syrie. La formation sera assurée par du personnel du Haut Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU. La porte-parole des Nations Unies n’était pas en mesure de préciser combien d’observateurs seraient formés ni combien d’experts de l’ONU participeraient à cette formation.
La mission des observateurs arabes en Syrie, critiquée pour son incapacité à faire cesser l’effusion de sang, doit être réévaluée lors d’une réunion samedi au Caire, sur la base d’un rapport qui sera soumis jeudi aux ministres par le chef de la mission.
La répression de la révolte par le régime de Bachar al-Assad se poursuit sans répit malgré la présence depuis le 26 décembre de dizaines d’observateurs arabes chargés de surveiller notamment l’application d’un plan de sortie de crise. La répression en Syrie a fait au moins 5 400 morts depuis la mi-mars, selon les Nations unies.
Assad jure de “frapper les terroristes d’une main de fer”
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Les autorités israéliennes ont annoncé se préparer à héberger des réfugiés de la minorité alaouite à laquelle appartient le clan du président Assad en cas de chute du régime.
BEYROUTH (Reuters) - Le président Bachar al Assad a promis mardi de frapper “les terroristes d’une main de fer” et raillé les tentatives de la Ligue arabe de mettre un terme aux violences qui ont accompagné les dix mois de manifestations antigouvernementales en Syrie.
Sur le terrain, dix personnes ont été tuées par les forces de sécurité qui ont tiré sur des jeunes gens qui manifestaient pacifiquement contre le président Assad, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une organisation d’opposition basée en Grande-Bretagne.
Un homme a été tué en outre à Homs, dans le centre du pays, par des tirs provenant d’un barrage routier, ajoute l’OSDH.
Par ailleurs, onze membres de la mission d’observation de la Ligue arabe ont été blessés lors de l’attaque de leur véhicule par des manifestants à Lattaquié, sur la côte méditerranéenne.
Dans un discours prononcé à l’université de Damas et retransmis à la télévision d’Etat, le président syrien s’est dit favorable à l’intégration de “l’ensemble des forces politiques” au sein du gouvernement et à la tenue d’un référendum en mars sur une nouvelle Constitution.
Arrivé au pouvoir en 2000 à la mort de son père, Assad, qui depuis le début du soulèvement populaire mi-mars 2011 alterne les promesses de réformes et la répression militaire, a une nouvelle fois exclu de quitter le pouvoir.
“Je ne suis pas quelqu’un qui renonce à ses responsabilités”, a-t-il déclaré. “Je suis au pouvoir parce que j’ai le soutien du peuple et si je quitte le pouvoir ce sera parce que le peuple le désire.”
PLUS D’OBSERVATEURS
Soumises à une forte pression de la communauté internationale pour mettre fin au bain de sang, les autorités syriennes affirment que les troubles sont l’oeuvre “de groupes terroristes armés” et font état de 2.000 soldats et policiers tués depuis le début des violences.
Dans sa première intervention publique depuis juin, Bachar al Assad a assuré qu’aucun ordre n’avait été donné de tirer sur la population. “Il n’y a aucun ordre donné à quiconque d’ouvrir le feu sur le moindre citoyen”, a-t-il dit.
Le rétablissement de l’ordre est une priorité en Syrie, a-t-il ajouté. “Il n’y a aucune tolérance pour le terrorisme ni pour ceux qui utilisent des armes pour tuer”, a-t-il dit, soulignant qu’il fallait “frapper les terroristes d’une main de fer”.
Face à la poursuite de la répression, la Ligue arabe a suspendu Damas de ses instances et annoncé des sanctions économiques sans précédent fin novembre contre le régime syrien. L’organisation panarabe a dépêché fin décembre des observateurs sur le terrain chargés de vérifier l’application d’un plan de résolution de la crise accepté par Assad début novembre.
Ce plan prévoit la libération des prisonniers politiques, la fin de la répression, le retrait de l’armée des villes et l’ouverture d’un dialogue avec l’opposition.
Réunis au Caire dimanche, les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe ont estimé que le plan n’était appliqué que partiellement par Damas et ont annoncé une augmentation du nombre des observateurs dans le pays.
“La Ligue arabe n’a pas su, depuis six décennies, protéger les intérêts arabes. Nous ne devrions pas être surpris”, a déclaré Bachar al Assad dans son discours. La Syrie ne “fermera pas la porte” à une solution arabe tant qu’elle respectera “la souveraineté de la Syrie”, a-t-il toutefois ajouté.
ISRAËL SE PREPARE A UN AFFLUX
Selon le chef des opérations syriennes au siège de la Ligue arabe au Caire, Adnan al Khodheir, onze membres de la mission d’observation ont été blessés lors de l’attaque de leurs véhicules par des manifestants à Lattaquié.
“L’incapacité (du gouvernement) à fournir une protection adaptée à Lattaquié et dans les autres secteurs où la mission est déployée est considérée comme une grave violation par le gouvernement de ses engagements”, estime l’organisation panarabe dans un communiqué.
Des images diffusées sur internet montrent un convoi de voitures, présenté comme étant celui des observateurs, pris d’assaut par une foule de manifestants brandissant des drapeaux syriens et des portraits de Bachar al Assad.
Le ministre émirati des Affaires étrangères, le cheikh Abdoullah bin Zayed al Nahayan, a déploré que les Syriens ne laissent pas les observateurs libres de leurs mouvements.
Des agressions ont été commises contre les observateurs, notamment ceux des pays du Golfe, et ces agressions n’émanaient pas de l’opposition”, a-t-il dit à Abou Dhabi.
“Il ne fait aucun doute que la mission des observateurs devient chaque jour plus difficile, parce que nous n’assistons pas à une diminution des tueries”, a-t-il ajouté.
La Syrie a assuré qu’elle protégerait les observateurs. Son ministre des Affaires étrangères, Walid al Moualem, a déclaré au chef de la mission d’observation de la Ligue arabe que la Syrie “continuera d’assumer sa responsabilité qui est d’assurer protection aux observateurs”.
Damas ne permettra “rien qui fasse obstacle à leur mission”, dit-il dans un communiqué, “condamnant tout acte auquel l’équipe a été exposé et qui fait barrage à sa mission”.
Le rapport complet de la mission de la Ligue arabe est attendu le 19 janvier, mais l’opposition syrienne estime d’ores et déjà que le maintien de la mission d’observation en Syrie va en fait permettre au président syrien de gagner du temps.
Les autorités israéliennes ont annoncé se préparer à héberger des réfugiés de la minorité alaouite à laquelle appartient le clan du président Assad en cas de chute du régime.
Bertrand Boucey, Marine Pennetier et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Bachar Al-Assad à la télévision syrienne, le 10 janvier






















