L’Assemblée générale de l’ONU vote une résolution contre le régime syrien
Homs, ville-martyr, début février 2012.
L’Assemblée générale de l’ONU vote une résolution contre le régime syrien
Le texte aura une portée essentiellement symbolique, l’Assemblée générale de l’ONU étant un organe consultatif. Celle-ci a adopté jeudi à une large majorité, malgré l’opposition de la Chine et de la Russie, une résolution condamnant la répression en Syrie, quelques jours après le blocage par Moscou et Pékin d’un texte similaire au Conseil de sécurité.
La résolution, adoptée par 137 voix pour, 12 contre et 17 abstentions, exige du gouvernement syrien qu’il mette fin à ses attaques contre la population civile, soutient les efforts de la Ligue arabe pour assurer une transition démocratique à Damas et recommande la nomination d’un envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie.
Outre Moscou et Pékin, Cuba, l’Iran, le Venezuela et la Corée du Nord notamment ont voté contre le texte. Contrairement au Conseil de sécurité, il n’y a pas de droit de veto à l’Assemblée. Le dépot de cette résolution était soutenu par plus de 70 pays sur les 193 que compte l’Assemblée, dont de nombreux pays occidentaux et arabes qui visaient à accentuer l’isolement du régime du président Bachar el-Assad.
Le silence du Conseil de sécurité
Le Conseil de sécurité, qui ne s’est toujours pas exprimé depuis le début de la crise en Syrie en mars 2011, a été bloqué pour la deuxième fois le 4 février par un double veto russe et chinois. La résolution adoptée jeudi est similaire au texte bloqué au Conseil.
L’Assemblée avait adopté le 19 décembre une précédente résolution dénonçant le situation des droits de l’homme en Syrie, par une large majorité également (133 pour, 11 contre, 43 abstentions dont la Russie et la Chine) mais le texte voté jeudi a un contenu plus politique.

Organisation internationale
ONU (Organisation des Nations Unies)
Lexique
L’Organisation des Nations unies (ONU ou encore Nations unies) est une organisation internationale fondée le 26 juin 1945 à San Francisco pour résoudre les problèmes internationaux. Elle succède à la Société des Nations (SdN). Elle ne dispose pas de force militaire mais elle peut demander aux États-membres de fournir des contingents pour mettre sur pied des forces de maintien de la paix (les Casques bleus).
Son secrétariat général est actuellement dirigé par Ban Ki-Moon, successeur de Kofi Annan.
En vertu de sa charte, l’ONU s’efforce donc d’être un lieu où se bâtit un avenir meilleur pour tous, et cela à travers cinq objectifs :
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Maintenir la paix et la sécurité dans le monde
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Développer les relations amicales entre les nations
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Réaliser la coopération internationale sur tous les sujets où elle peut être utile
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Être un centre où s’harmonisent les efforts des nations dans des objectifs communs
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Surveiller l’intangibilité des frontières.

Bachar Al-Assad/Image d’archives © Reuters
Assad présente son “projet” de Constitution pour la Syrie
Le président syrien a présenté, mercredi, son projet de nouvelle Constitution pour le pays. Au menu: la fin de la primauté du Baas et l’élection du chef de l’Etat pour deux mandats consécutifs. Le texte devrait être soumis au référendum le 26 février et est déjà salué par Moscou. Le tout, à la veille d’une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l’Onu.
“Le pouvoir sera exercé démocratiquement“. C’est en tout cas ce qu’avance le projet de Constitution présenté par le président syrien Bachar al-Assad mercredi. Parmi les principales réformes annoncées? L’arrivée du pluralisme politique qui mettrait ainsi fin à la primauté du Baas, seul parti autorisé, au pouvoir depuis 1963. “Les partis politiques autorisés contribueront à la vie politique“, annonce le texte dévoilé par l’agence officielle Sana, qui précise qu’il est “interdit de créer des partis sur des bases religieuses, confessionnelles ou raciales“. Une avancée qui répond aux demandes des opposants, à la tête du mouvement de contestation contre le régime qui fêtera ses un ans le mois prochain.
Autre point clé : l’élection du chef de l’Etat. “Le président de la République sera élu directement par le peuple pour deux mandats successifs de sept ans“, indique le projet. Une première depuis bien longtemps car Bachar al-Assad a succédé à son père Hafez par le biais d’un référendum en 2000. Le texte rappelle que la religion du président est “l’islam“ et que “la jurisprudence islamique est source de toute législation“. La jurisprudence diffère de la charia, la loi islamique, car il s’agit d’une interprétation du Coran par les théologiens musulmans. Le projet ajoute que “la liberté est un droit sacré” et que “l’Etat garantit aux citoyens, qui sont égaux, leur liberté personnelle et préserve leur dignité et leur sécurité“.
Moscou exclut tout départ d’Assad
Ce texte devrait être soumis au référendum le 26 février prochain avant l’organisation, 90 jours plus tard, des éléctions législatives. Si Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a salué “un pas en avant” de la part de son allié syrien, le reste de la communauté risque de ne pas être dupe de ce qui pourrait être un écran de fumée. Car la présentation de ce projet de Constitution intervient la veille d’une nouvelle réunion du Conseil de Sécurité de l’Onu, qui doit se prononcer sur un projet de résolution condamnant la répression en Syrie. Dans le même temps, les assauts et les bombardements de l’armée syrienne continuent mercredi, notamment sur les villes de Homs et Hama.
Avant même la tenue de la réunion, Moscou a annoncé qu’elle excluait d’emblée tout projet de résolution qui “aiderait à légitimer” un changement de régime. “Si l’objectif est d’utiliser le Conseil de sécurité et les Nations unies pour adopter un discours destiné à aider à légitimiser un changement de régime, alors je crains que les lois internationale s’y opposent et que nous ne pourrons pas soutenir une telle approche“, a déclaré Sergueï Lavrov. Le ministre russe des Affaires étrangères va néanmoins rencontrer son homologue français Alain Juppé, jeudi.
Biographie
Son arrivée au pouvoir avait suscité beaucoup d’espoirs. Succédant à la mort de son père Hafez Al-Assad, en juillet 2000, alors que rien ne le destinait à cette charge, Bachar Al-Assad, jeune médecin ophtalmologiste formé à Londres, aura vite déçu ceux qui attendaient le changement.
Personne n’aurait pu prévoir que le fils cadet du “Bismarck arabe” puisse devenir un jour président de la République arabe syrienne. Mais en 1994, la mort dans un accident de voiture de son frère aîné Bassel va bouleverser sa vie. Il va apprendre avec son père à marche forcée le dur métier de président dans un pays complexe. Il gravit les échelons de l’armée, devient colonel, et gère les dossiers politiques.
Candidat unique à la présidence en 2000, il est nommé aussi commandant en chef des forces armées, puis secrétaire général du parti Baas et devient le 16e président de Syrie, le 11 juillet, à l’âge de 34 ans.
A son arrivée au pouvoir, un bref vent de liberté balaye le pays, suivit d’un mouvement de réformes. Mais sous la pression des caciques du parti Baas qui gouverne le pays depuis 1963, “le printemps de Damas“, qui a vu s’ouvrir les prisons de son père et autorisé le débat public, fera long et est vite étouffé. Les meneurs sont arrêtés et incarcérés et les velléités d’ouverture politique mort-nées.
Le jeune Bachar voit donc, dès son arrivée au pouvoir, ses marges de manœuvre limitées. La vieille garde du parti surveille, ainsi que le clan familial étroitement associé aux prises de décisions. Il s’inspire du modèle chinois en proclamant ” les réformes économiques passent avant les réformes politiques”. De démocratie, il n’en est plus question. En 2003, il expliquera que les opposants syriens avaient ” mal compris” ses promesses dans son discours d’investiture.
Celui à qui certains ne donnaient pas six mois au pouvoir va vite apprendre comment survivre et manœuvrer dans les méandres de la politique syrienne. “Il s’est coulé dans le système de pouvoir clientéliste, calcifié et quasi tribal qui règne sur la Syrie depuis le coup d’Etat bassiste de 1963 “, déclare un opposant au Monde (11/07/2008).
International : le retour en grâce
Dix ans après son arrivée au pouvoir à la tête du pays, l’homme a su s’imposer. Au plan international, celui que l’Occident avait mis en quarantaine, accusé de soutenir le terrorisme et les groupes hostiles au processus de paix, a réussi à redevenir un interlocuteur incontournable dans la région, et à sortir ces dernières années la Syrie de son isolement. Le président Nicolas Sarkozy le réhabilite sur la scène internationale et lui rend visite en 2008.
L’invasion américaine en Irak en 2003, à laquelle il s’opposait, l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, le retrait militaire syrien forcé la même année après 29 ans de tutelle, constituent les épreuves de taille qu’il a du affronter, et pour lesquelles il a démontré une habileté politique insoupçonnée.
Mais celui qui avait été mis au ban des nations, continue aujourd’hui d’utiliser son pouvoir de nuisance, dans un registre plus fin, nouant, dénouant des alliances avec la Russie, l’Iran, la Turquie, le Hezbollah, le Hamas, le jihad islamique et les mouvements irakiens anti-américains.
Reconduit avec 97,62% des voix lors d’un référendum organisé en 2007 pour un nouveau mandat de sept ans, le régime autoritaire de Bachar Al-Assad s’appuie sur les services de sécurité pour mater les opposants. Le fondamentalisme sunnite, les frères musulmans et Al-Qaïda constituent l’autre danger pour la Syrie laïque que défend le président alaouïte. Et, si pour finir il a réalisé quelques réformes économiques, il doit maintenant affronter la révolte d’un peuple qui demande plus de liberté, de démocratie, la fin de la corruption et un meilleur respect des droits de l’homme.
Marié a une jeune économiste brillante, Asma Al-Assad, père de trois enfants, ” l’homme à la tête d’oiseau ” comme on le surnomme, est encore une fois à la croisée des chemins.

De passage à Paris, Haytam Al-Maleh, l’une des figures de la dissidence syrienne, appelle la communauté internationale à intervenir pour stopper ce qu’il qualifie de “bain de sang”. “S’ils continuent, il ne restera bientôt que des enfants en Syrie”, affirme-t-il.
Haytham al-Maleh, aujourd’hui âgé de 80 ans, est un opposant historique au régime syrien. Cet avocat, fondateur de l’ONG Human rights association in Syrie (Association syrienne des droits de l’Homme) a passé plusieurs années en prison pour avoir critiqué le pouvoir de la famille Assad, tout d’abord le père Hafez al-Assad, puis le fils Bachar al-Assad. Son dernier “séjour” dans les geôles du Baas (ndlr : le parti unique) est très récent : arrêté fin 2009, il a été libéré le 8 mars dernier, au moment même où les premiers appels à manifester contre le régime en place à Damas étaient lancés.
En juillet, Haytham al-Maleh a quitté son pays. Depuis, il voyage afin de convaincre la communauté internationale de faire pression sur Bachar al-Assad pour ce dernier arrête le “bain de sang“. “Il s’agit d’un régime fasciste. Ils détruisent tout. Ils tuent même des femmes, des personnes âgées et des enfants. Ils ne se préoccupent de rien“, lance-t-il. Mardi, Haytham al-Maleh était par exemple à Genève au centre des Nations unies. Ce mercredi, invité par François Zimeray, l’ambassadeur français pour les droits de l’Homme, Haytham al-Maleh est venu prêcher sa bonne parole à Paris.
“Nous voulons être protégés”
Avant une réception en son honneur au Quai d’Orsay, les deux hommes ont donné une conférence de presse. Haytham al-Maleh a profité de l’occasion pour dénoncer une nouvelle fois les crimes commis par Bachar al-Assad. Selon ses sources, “depuis mars, on compte au moins 5.250 morts, 5.000 disparus, plus de 100.000 arrestations et 20.000 réfugiés en Jordanie, Turquie et au Liban. Le régime a lancé une guerre contre le peuple syrien en utilisant des chars, des avions et même des gaz désormais. Et il ne se contente pas seulement de tuer. Il mutile les corps après la mort“, a-t-il affirmé, ému et parfois au bord des larmes.
Pour mettre fin à la situation, Haytham al-Maleh lance un nouvel appel à l’aide. “Les Syriens veulent être protégés, de quelque manière que ce soit. Je demande à la communauté internationale d’intervenir. Il en va de votre responsabilité“, prévient-il. Il préconise notamment des pressions du Conseil de sécurité (ndlr : pour l’instant, le vote d’une résolution condamnant la Syrie y est bloquée par la Russie et la Chine), le renvoi des principaux dirigeants syriens devant la Cour pénale internationale de La Haye, la fermeture des ambassades des pays les moins impliqués diplomatiquement ou la création de “secteurs sécurisés” le long des frontières, en Syrie même. “Il faut envoyer un message clair au régime pour qu’il arrête ce qu’il fait tous les jours“, assène-t-il.
“Assad sera un jour jugé”
Quid d’une intervention militaire sur le modèle libyen ? Comme certains membres de l’opposition ou de la société civile, il n’y est pas favorable. “Nous avons besoin de la protection de l’Onu, pas de l’Otan“, estime-t-il. En l’état actuel, il se montre également opposé à la “militarisation” de la révolution, qui semble se dessiner ces jours-ci avec la création d’une “Armée de Syrie libre” formée d’officiers rebelles. “Un jour ou l’autre, les soldats de l’armée régulière, qui ne voudront pas attaquer leurs propres familles, se soulèveront d’eux-mêmes pour faire tomber le régime“. Quand ? Le dissident se montre très optimiste. “Bientôt. Ce pouvoir ne tiendra pas encore des mois. A mon avis, d’ici deux ou trois semaines, ce sera terminé“.
Sans être aussi catégorique que son invité sur la suite des événements, François Zimeray, qui met en avant l’action de la France, “la plus en pointe” selon lui sur le dossier, se dit en revanche persuadé que “Bachar al-Assad sera un jour jugé“. “Le recours à la terreur tient lieu de politique aujourd’hui sur un mode cruel et pervers. J’ai malheureusement vu beaucoup de violations des droits de l’Homme. Mais je n’ai jamais vu autant de cynisme qu’en Syrie actuellement“. Et de prendre l’exemple d’un enfant de huit ans, dont le cadavre a été retrouvé la semaine dernière dans un égout après avoir été torturé et mutilé.






















